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Patient-Partenaire : un membre essentiel dans l’équipe de soins

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Par Michèle Sirois, animatrice à Ère Libre, MAtv et collaboratrice à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

 

Qu’on se le tienne pour dit, il est révolu le temps où le médecin nous prescrivait des traitements, des soins et des médicaments, sans se soucier si nous étions d’accord ou pas.

La médecine que l’on enseigne aujourd’hui en est une de collaboration avec un nouveau membre : le patient (1). Les médecins, les infirmières et tous les professionnels de la santé considèrent dorénavant le patient comme un membre actif de l’équipe de soins.  Il a une voix et des savoirs qui lui sont propres.

 

Concept du patient-partenaire

C’est le 2 mai dernier que la Dre Paule Lebel(2) venait présenter à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal le concept du « patient-partenaire ».

Mais qu’elle est donc cette nouvelle vision des soins ? Pendant des décennies, la médecine voyait la personne malade comme… une maladie. On oubliait son vécu, ses goûts et ses projets pour se consacrer uniquement sur ses maux. Le médecin adoptait une approche paternaliste. Il savait ce qui était bon pour le malade et lui imposait un traitement sans même que ce dernier en sache le pourquoi et le comment.

La Dre Lebel soulignait que, malheureusement, on retrouve encore de nos jours ce type de relation entre le médecin et son patient. Ceci explique sans doute pourquoi, en Amérique du Nord, plus de 50 % des patients ne respectent pas ou peu les ordonnances de leur médecin. Or, à partir des années 80, les étudiants en médecine ont été de mieux en mieux formés à considérer davantage les valeurs et les préférences de celui qu’ils allaient soigner. Ainsi est née l’approche centrée sur le patient. Tous les professionnels travaillaient pour le patient.

Cependant, les adeptes de cette approche se sont rendu compte qu’il leur manquait une partie des données pour bien soigner. Et si plutôt que de travailler pour le patient, on travaillait avec lui ?  Et si on prenait le temps de l’écouter ? Et si on incluait dans nos expertises l’expérience que le patient a développée avec sa maladie et les savoirs qu’il en a retirés ? Et surtout, si on considérait ce qui lui tient à cœur malgré sa maladie ?

Ainsi, un immense changement de culture s’est imposé aux professionnels. L’approche patient-partenaire a commencé à se développer. Le but ultime : réaliser le projet de vie du patient, peu importe l’étape de sa maladie. Autrement dit, qu’est-ce qui est important en ce moment pour la personne qui est aux prises avec une maladie ? Est-ce d’aller, malgré un diabète mal équilibré, rencontrer sa nouvelle petite-fille qui est née en France ? De continuer à vivre dans sa maison malgré un problème cardiaque ?  Ou de choisir comment vont se dérouler ses derniers jours de vie ?

La conférencière Lebel nous rappelait qu’un projet de vie évolue, se transforme jusqu’à la toute fin et que les professionnels doivent savoir adapter leurs traitements en conséquence. Mais pour répondre adéquatement au projet de vie d’une personne aux prises avec une maladie chronique, tous doivent collaborer. D’un côté, les professionnels sont riches des connaissances et des expériences acquises en tant que soignants. De l’autre, la personne malade détient des savoirs que nul autre ne possède. On les appelle les savoirs expérientiels.

En effet, qui de mieux placé que le patient pour connaître les signes et symptômes de sa maladie ? De savoir ce qui lui procure du bien-être ou, au contraire, des effets secondaires désagréables? De ce qui lui simplifierait la vie? Ces savoirs ne s’apprennent pas dans un livre à l’école. Ils sont tirés des situations que le patient a vécues avec sa maladie.

Dans l’approche patient-partenaire, les savoirs du patient et ceux des professionnels sont donc combinés. Le patient prend part aux discussions. Il  co-construit avec les professionnels les solutions de traitement. Et ces solutions seront toujours bâties autour du projet de vie du patient. D’ailleurs, la Dre Lebel a insisté sur l’importance de l’écoute, de la confiance et de la transparence de tous dans ce processus.

 

Pouvoir et responsabilités

Ce pouvoir qui est maintenant remis au patient vient également avec des responsabilités accrues. Pour nous définir comme patient partenaire nous devons être, entre autres, curieux et informés. Par exemple, bien connaître nos médicaments et savoir pourquoi nous les consommons. Il nous faut observer si les solutions mises en place fonctionnent; demeurer à l’affût de signes et symptômes que nous notons et rapportons aux professionnels.

Et surtout, nous devons avoir le désir de se faire entendre et de participer aux décisions.

La Dre Lebel confiait que les patients qui s’affichent comme partenaires avaient une grande capacité d’autodétermination qui la surprenait toujours. Ils vivaient mieux l’expérience de la maladie et avaient un sentiment de prise de pouvoir sur leur vie.

 

Au-delà d’une mode

La conférencière nous a rassuré en affirmant que cette nouvelle approche est bien plus qu’une mode. Elle est la nouvelle manière de voir les soins. À preuve, à l’Université de Montréal, tous les étudiants des écoles et facultés en santé reçoivent une formation sur la relation avec le patient-partenaire.

Et qui trouve-t-on, entre autres, dans les salles de cours comme enseignants? Des patients !

 

 

  1. Le patient ou son proche-aidant si la personne ne peut plus répondre pour elle-même.
  2. Paule Lebel, MD, MSc, CRMCC Médecin spécialiste en médecine préventive et santé publique; Conseillère senior, Centre d’excellence sur le partenariat avec les patients et le public; Professeure agrégée de clinique, Département de médecine de famille et de médecine d’urgence, Université de Montréal; Médecin conseil, Direction régionale de santé publique de Montréal.

 

Très important d’en Tenir compte !
Afin de combattre ce fléau du manque d’adherence au traitement , il faut que le client soit intéressé , la première chose . Et pour l’intéresser il faut l’informer !
C’est la façon

C’est vraiment intéressant. Je suis persuadée que nos gens malades vivront peut-être plus ou moins longtemps mais c’est indéniable qu’il vivront plus sereinement.
Merci vraiment beaucoup.
Christiane Potvin de la Résidence Le 22.

Pourrait-on avoir une conférence avec Dre Paule Lebel dans nos ''resorts'' (résidences)? Je crois que cette conférence pourrait aider beaucoup de gens.

    Bonjour Mme Beaulieu, Nous sommes ravis que vous ayez apprécié cette nouvelle. Les conférences AvantÂge de L'Institut de Gériatrie de Montréal sont gratuites et ouvertes à tout le monde, n'hésitez pas à y assister ou en parler à votre Responsable Loisirs ! http://centreavantage.ca/activites/conferences/

Bravo et tellement vrai,, maintenant appliquons le,,se servire de ses oreilles son cœur,, son pas la pour rien,, bonne journée et longue vie à nos historiens local ,,

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