Proche aidant : l’importance de prendre soin de soi

Être proche aidant est un engagement encore bien méconnu de nos jours. Pourtant, des millions de personnes au Canada accompagnent chaque jour un parent, un conjoint ou un ami vivant avec la maladie ou une perte d’autonomie. Derrière ce rôle essentiel, souvent exercé dans l’ombre, se cache une réalité exigeante qui demande temps, énergie et dévouement. Pour continuer à soutenir un proche sans s’épuiser, il demeure toutefois essentiel de ne pas s’oublier et de veiller aussi à son propre équilibre.

Être proche aidant, oui, mais à quel prix ?

Êtes-vous l’un des quelque 8 millions de Canadiens qui assument le rôle de proche aidant ? Cela est fort probable, puisque la proche aidance touche aujourd’hui un large pan de la population. L’ouvrage La proche aidance au chevet d’un système malade – Plaidoyer pour un Québec qui renoue avec ses solidarités affirme même que près d’un aidant naturel adulte sur 2 est âgé de 55 ans et plus, tandis que le gouvernement du Canada estime qu’un jeune de 15 à 30 ans sur 5 assume également ce rôle auprès d’un parent, d’un grand-parent ou d’un proche. Des statistiques qui témoignent de l’omniprésence de cette réalité dans notre société !

À l’occasion de la Journée nationale des proches aidants, qui est soulignée chaque premier mardi du mois d’avril, nous souhaitons d’ailleurs reconnaître le travail remarquable que ces personnes accomplissent et qui, hélas, demeure souvent sous-évalué.

Chères proches aidantes et chers proches aidants, nous sommes convaincus que la valeur du temps et de l’énergie que vous consacrez à la personne que vous aidez dépasse de loin ce qu’il est humainement possible de calculer.

Cela dit, cette journée est aussi le moment idéal pour rappeler l’importance de l’équilibre. Pour continuer à accompagner votre proche avec bienveillance, vous devez veiller à prendre soin de vous. Cela n’est ni un luxe ni de l’égocentrisme, mais une condition fondamentale pour préserver votre énergie ainsi que votre santé physique et mentale.

Le saviez-vous ?

Depuis janvier dernier, le gouvernement du Québec a même mis en place la Politique nationale de soutien à domicile (PSAD). Cette initiative vise à élargir l’accès aux services et à mieux reconnaître le rôle essentiel des aidants naturels. Concrètement, les bénéficiaires de l’allocation autonomie à domicile peuvent désormais être rémunérés pour leur travail, une mesure qui contribue à valoriser leur apport et à offrir plus de stabilité aux familles concernées.

Cette avancée témoigne d’une volonté collective de mieux soutenir les proches aidants. Mais, au-delà des mesures et des programmes, votre équilibre personnel demeure un enjeu auquel nous devons tous penser. Afin de concilier vos besoins avec ceux de votre proche et de poursuivre votre accompagnement sans vous épuiser, nous vous donnons cinq conseils que nous vous souhaitons utiles.

1. Établissez vos priorités

Il peut être tentant de vouloir tout porter sur vos épaules, mais il est crucial de choisir vos combats, de reconnaître vos limites et d’ajuster vos propres attentes selon votre énergie. Gardez à l’esprit que l’objectif n’est pas d’atteindre la perfection, mais plutôt d’être présent pour l’autre.

Si possible, déléguez certaines tâches à des membres de votre famille. Des organismes communautaires, publics et parapublics peuvent vous venir en aide, par exemple. Si vous habitez dans une résidence du Groupe Maurice, sachez également que plusieurs services – menus travaux, ménage, lavage – vous sont offerts pour alléger votre quotidien !

 

2. Accueillez vos émotions

La proche aidance est une expérience profondément humaine, mais aussi très exigeante. À court comme à long terme, elle peut susciter des émotions complexes, allant de la tendresse à la fierté, en passant par l’inquiétude, la frustration, la tristesse et la culpabilité. Cela est absolument normal, et il est important de ne pas ignorer ces sentiments, mais plutôt de les accueillir. Prendre le temps de les nommer permet souvent d’alléger l’esprit.

Pour cela, vous pouvez tenir un journal intime ou échanger avec une personne de confiance. Vous pouvez aussi parler de votre situation avec un professionnel de la santé (médecin, psychologue, travailleuse sociale, etc.).

 

3. Prenez rendez-vous avec vous-même

Dans un quotidien rythmé par les besoins de l’autre, il devient essentiel de vous accorder des moments de répit, durant lesquels vous êtes la seule personne qui compte. Parce que les petits plaisirs de la vie participent au bien-être, prenez des pauses aussi souvent que possible pour vous adonner à une activité qui vous passionne, comme le tricot, la menuiserie, le jardinage, la lecture, la peinture, le coloriage, la méditation, etc.

Le mouvement peut également aider à maintenir votre équilibre intérieur, car l’exercice physique contribue naturellement à apaiser les tensions et à clarifier les pensées. Une promenade à l’extérieur suffit parfois à modifier l’état d’esprit et à redonner un peu de légèreté à une journée plutôt morose. Chose certaine, ces moments sont loin d’être insignifiants : ils renforcent votre capacité à prendre soin de vous et à poursuivre votre accompagnement.

 

4. Brisez l’isolement

La proche aidance peut réduire les occasions de rencontrer du monde lorsque le quotidien s’organise autour des besoins d’une seule personne. Ce retrait progressif de la vie sociale peut accentuer le sentiment de solitude. Participer à des activités, à des clubs ou à des comités contribue à alléger la charge émotionnelle, surtout si vous demeurez toujours dans votre maison ou votre appartement.

Évidemment, la vie en résidence favorise les interactions grâce aux espaces communs, notamment. D’ailleurs, plusieurs RPA du Groupe Maurice proposent des initiatives de soutien, des rencontres entre proches aidants et des services de répit; vous renseigner auprès de l’équipe en place peut ouvrir la porte à un réseau bienveillant et accessible.

 

5. Osez exprimer vos besoins

Il n’est pas rare que l’entourage sous-estime les défis associés à la proche aidance. Prendre le temps d’expliquer ce que représente cet engagement et d’exposer vos responsabilités ainsi que la charge émotionnelle qui l’accompagne peut amener votre famille et vos amis à vous donner le soutien nécessaire.

Nous vous encourageons à nommer plus clairement vos besoins, puisque cela permet souvent aux proches de s’impliquer davantage. Ils pourraient vous offrir leur aide pour les courses, le ménage, les soins, la prise de rendez-vous et d’informations, etc. En passant, demander un coup de main n’a rien de honteux, d’autant plus que tenter de tout régler par vous-même peut réellement vous mener à l’épuisement.

 

Des informations et des ressources complémentaires pour vous

Personne proche aidante | Gouvernement du Québec

Proche aidance Québec

L’Appui

Prendre soin de moi… tout en prenant soin de l’autre – Guide de prévention de l’épuisement destiné aux proches aidants

211 Québec pour connaître les ressources disponibles dans votre région

En conclusion…

Être un proche aidant demande du courage, de l’amour, et même de l’abnégation. Toutefois, cet engagement humain ne devrait jamais se faire au détriment de votre santé ou de votre équilibre. Prendre soin de vous ne diminue en rien le dévouement que vous portez à l’autre; au contraire, cela vous permet de continuer à l’accompagner avec bienveillance. Merci pour toute l’aide que vous prodiguez, et, surtout, pensez également à vous !