Entretien avec Krishnen Govindasawmy, directeur général de L’Image d’Outremont
Fort d’un long parcours dans le domaine de l’hôtellerie, Krishnen Govindasawmy amorce ce nouveau chapitre de sa carrière avec enthousiasme, porté par le désir de mettre son expérience au service des autres. Dans cette entrevue, il aborde son cheminement, mais aussi son désir de faire briller L’Image d’Outremont. Rencontre avec un homme pour qui la transparence, la collaboration et le plaisir sont des priorités absolues !
Krishnen, pourriez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?
Je suis originaire de l’île Maurice, et j’ai consacré près de 30 ans de ma vie au milieu hôtelier, autant dans mon pays natal qu’ici, à Montréal. J’ai été transféré au Canada par la chaîne hôtelière avec laquelle j’ai notamment réalisé l’ouverture d’un établissement à l’île Maurice, puis j’ai poursuivi mon parcours avec cette même chaîne dans l’ouest de la ville.
J’ai travaillé dans un hôtel où j’ai occupé le poste de superviseur des banquets avant d’être promu directeur de la restauration. À ce titre, j’ai dirigé l’ensemble des services de restauration et de cuisine, y compris le service événementiel de l’établissement. Je supervisais également une équipe d’environ 80 employés.
Par la suite, j’ai rejoint la chaîne Marriott au centre‑ville de Montréal. Mes différents rôles m’ont permis de développer un vaste savoir‑faire en organisation, en gestion d’équipes et en création d’expériences client.
Pourquoi avez-vous décidé de travailler dans le milieu des RPA ?
L’aspect humain m’a toujours attiré. En hôtellerie, nous accueillons des gens pour un séjour, un congrès ou un événement : ils sont de passage. En résidence, c’est tout autre chose : nous entrons dans le milieu de vie des personnes, dans leur quotidien. Nous sommes chez eux. Cette proximité m’interpellait énormément, et je n’étais pas le seul à penser que ce milieu me conviendrait.
Au fil des années, plusieurs anciens collègues, qui travaillent aujourd’hui dans des RPA, m’ont encouragé à faire le saut. Ils me répétaient : « Tu vas voir, tu vas aimer ça. Tu as les qualités pour ça. » Après environ trois décennies dans l’hôtellerie, je sentais que le moment était venu d’entamer une nouvelle étape, dans un environnement différent. J’ai donc écouté les conseils de mes amis !
Et puis, je dois l’avouer, le nom de l’entreprise m’a toujours fait sourire, moi qui viens de l’île Maurice. Je plaisantais parfois en disant que je me retrouverais peut-être un jour au Groupe Maurice. Et finalement, c’est devenu vrai ! (rires)
Ce qui est certain, c’est que plus le temps passe, plus je réalise à quel point l’entreprise fait les choses avec soin. Je suis impressionné par la qualité de ses pratiques, l’accueil chaleureux que j’ai reçu et le soutien incroyable auquel j’ai droit depuis mon arrivée. Je me sens réellement entouré.
Vous avez abordé le sujet de vos qualités. Quelles sont-elles ?
Je me considère comme quelqu’un de très attentif et observateur. J’aime écouter les gens ainsi que les rassembler et les mobiliser autour d’un objectif commun. Mon aisance avec le public remonte sans doute à mon enfance. J’ai commencé à travailler très jeune avec mon père, qui était commissaire‑priseur et gérait la vente de fruits et de légumes au marché. Il y avait toujours du monde, du mouvement, des échanges. J’ai donc été initié très tôt à l’art du service et du contact humain.
Quitter mon pays m’a également beaucoup appris. J’ai dû développer ma capacité d’adaptation, ma persévérance et ma confiance. Aujourd’hui, je n’ai plus peur des défis : au contraire, ils me stimulent.
Et quelles valeurs du Groupe Maurice vous inspirent le plus ?
La bienveillance et le leadership sont deux valeurs qui me tiennent particulièrement à cœur. Pour moi, la bienveillance commence par l’écoute, mais elle se prolonge surtout dans le suivi. Lorsqu’une personne vient me voir avec une demande, un besoin ou une préoccupation, je veux qu’elle sente qu’elle a réellement été entendue. On ne peut pas toujours tout régler immédiatement, mais on peut toujours prendre le temps de comprendre la situation et d’explorer des solutions. Tenir les personnes concernées au courant de l’évolution d’un dossier contribue à préserver la confiance.
Quant au leadership, je le conçois comme quelque chose de rassembleur. Travailler en résidence, ce n’est pas un one‑man show. Je veux que les personnes qui m’entourent se sentent prises en compte. Je souhaite collaborer avec les employés comme avec les résidents pour faire rayonner L’Image d’Outremont.
Justement, quels défis pensez-vous relever à la résidence au cours des prochaines années ?
Mon objectif est de faire de L’Image d’Outremont une résidence de référence dans son secteur. Nous comptons environ 80 employés, et mon désir est de les connaître, de comprendre leur réalité et de développer avec eux une véritable synergie. J’entends par là l’association des forces et des expertises de chacun pour atteindre un objectif commun, en favorisant un travail d’équipe efficace et harmonieux. Depuis mon arrivée, je prends beaucoup de notes et je vais à la rencontre de toutes les équipes, y compris celles du soir et de la nuit. Je veux être présent, accessible et transparent.
Je suis convaincu que des employés heureux créent une atmosphère positive, et cette énergie se transmet naturellement aux résidents. La bonne humeur, c’est contagieux !
Quel est votre lien avec les personnes plus âgées ?
Dans ma culture, la famille occupe une place centrale, et c’est tout aussi vrai du côté de ma conjointe. Les liens entre les générations sont très forts dans nos familles. Même si mes parents vivent toujours à l’île Maurice, je leur parle chaque semaine pour garder ce lien vivant.
Quand j’étais jeune, les grands‑parents faisaient partie du quotidien. Comme beaucoup de parents travaillaient, ils jouaient un rôle essentiel auprès des enfants. Mes grands‑parents m’ont transmis des valeurs fondamentales, comme la persévérance, et ils m’ont appris à croire en moi. Je leur dois énormément.
Quels moyens déploierez-vous pour créer des liens avec les résidents ?
Je souhaite participer pleinement à la vie de la résidence. Je serai présent aux événements – anniversaires, 5 à 7, cocktails… – parce que ces moments contribuent à nouer des liens et donnent vie à la communauté. J’ai aussi envie d’ajouter un peu de piquant aux activités. Mon expérience en organisation d’événements refait surface ici : les idées ne manquent pas, mais je veux d’abord m’inspirer des intérêts des résidents pour enrichir l’offre.
Qu’aiment‑ils ? Qu’ont‑ils envie d’essayer ? Qu’est‑ce qui leur ferait réellement plaisir ? C’est à partir de leurs envies que je veux mettre en place, avec la cheffe Milieu de vie, des activités qui leur ressemblent.
D’ailleurs, quels messages désirez-vous leur transmettre ?
Je veux leur dire que je suis là pour bâtir, avec l’équipe, un milieu de vie qui a du sens pour eux. Je souhaite qu’ils se sentent écoutés et qu’ils sachent qu’ils peuvent s’adresser à moi en toute simplicité. En quelque sorte, les résidents deviennent ma nouvelle famille.
Ma porte est toujours ouverte : aucun besoin de rendez‑vous pour venir me voir. Si quelque chose fonctionne bien, je veux le savoir. Si quelque chose fonctionne moins bien, je veux aussi en être informé. La transparence est cruciale à mes yeux, parce qu’elle permet de créer un climat de confiance durable.
Maintenant, passons à une série de questions plus légères.
Quelles sont les trois qualités que vous appréciez le plus chez une personne ?
J’aime les gens honnêtes, ouverts d’esprit et drôles. Pour moi, il est essentiel de travailler dans le plaisir. C’est ce qui favorise une belle énergie et rend les relations plus humaines.
Quel est votre leitmotiv ?
Je répète souvent cette phrase : We’ll make it happen. C’est un peu ma façon d’aborder la vie. Selon moi, il y a toujours un moyen de faire avancer les choses, un « moyen de moyenner », comme j’aime le dire. C’est cette attitude qui me pousse à trouver des solutions, à rester positif et à transformer les défis en occasions.
Si vous pouviez voyager dans le temps, quelle époque choisiriez-vous ?
Je choisirais les années 1960. La musique y était exceptionnelle, et la mode avait un charme fou. Quand je regarde les photos de mes parents, je me dis qu’ils étaient bien mieux habillés que moi aujourd’hui ! (rires)
Qu’est-ce qui vous fait rire à coup sûr ?
Ce qui me fait le plus rire, ce sont les échanges entre mes deux enfants. Ils grandissent et développent chacun leur propre sens de l’humour. Parfois, j’essaie d’utiliser leurs expressions, et ils me disent que je ne les dis pas comme il le faut ! (rires)
Si vous pouviez vous adonner à un seul passe-temps, lequel choisiriez-vous ?
Quand je suis à la maison, je regarde beaucoup de films. J’en écoute de tous les genres et dans toutes les langues, même celles que je ne comprends pas ! (rires)
Et, chaque mercredi, je joue au badminton. Ça me garde actif et ça m’aide à canaliser mon énergie, parce que je suis quelqu’un qui aime l’action.
Bon, ça fait deux passe-temps, mais ce n’est pas bien grave. Disons que je penche autant du côté culturel que du côté physique.
Quel est votre sujet de conversation préféré ?
J’aime beaucoup le football américain. Je l’ai découvert ici, et c’est devenu mon sport favori : il a même détrôné le soccer ! Cela dit, ce dernier reste très apprécié par ma famille. D’ailleurs, nous aurons bientôt la chance d’aller voir, ensemble, un match de la Coupe du monde, à Toronto.
Quel est votre meilleur souvenir d’enfance ?
Quand j’étais petit, ma mère et moi allions à la rivière pour faire la lessive. Moi, je ne lavais pas les vêtements : je préférais pêcher les petits poissons. C’est un souvenir tout simple, mais il est resté profondément gravé dans ma mémoire.
Je me souviens aussi de mon vélo Chopper, un cadeau de mon père pour mon anniversaire. Quand je roulais dans la ruelle, porté par l’insouciance de l’enfance, je me sentais le roi de l’île !
Merci, Krishnen, pour cette belle rencontre. Les gens de L’Image d’Outremont sont chanceux de pouvoir compter sur vous !