Le leadership humain d’Alain Champagne : 250 visites qui changent tout !

Avec plus de 250 visites en résidence à ce jour, Alain Champagne ne fait pas qu’observer : il incarne une façon moderne d’être et de diriger. Dans un contexte où les indicateurs de performance dictent souvent les décisions, son approche, portée par l’écoute, la proximité et la confiance, démontre clairement que la croissance pérenne d’une entreprise peut également passer par les liens humains. Et si, finalement, le véritable leadership consistait simplement à être présent, ouvrir des portes… et faire briller les gens?

 

 

Alain, depuis votre arrivée au Groupe Maurice, vous faites 80 visites en moyenne en résidences annuellement. Pourquoi autant?

C’est mon style de gestion. J’ai toujours eu besoin d’être sur le terrain, et depuis que je suis au Groupe Maurice, c’est encore plus vrai. Le produit qu’on crée, ce n’est rien de moins que des milieux de vie ! Si je ne suis pas proche des employés et des résidents… de l’être humain, je passe à côté de l’essentiel.

Et puis, au-delà d’une simple présence, ces visites sont une manière concrète pour moi de rester à l’affût de la réalité quotidienne des équipes et de la clientèle. Puisque cette réalité évolue mes visites me permettent de capter rapidement les signaux, les irritants ou les bons coups, mais surtout, de trouver des solutions ou de nouvelles idées.

 

Qu’est-ce qui se cache derrière ce rythme soutenu?

À mes débuts au Groupe, j’avais besoin de côtoyer des gens qui pouvaient comprendre ce que je venais de vivre à la suite du départ de ma fille Amélie … des gens qui avaient du vécu et cumulé plusieurs expériences de vie. Les personnes plus âgées ont cette capacité, je trouve, d’apaiser par leur présence : leur écoute est exemplaire, et leurs conseils sont souvent ce que j’ai besoin d’entendre.

Puis, peu à peu, c’est devenu une façon pour moi de valider notre promesse client sur le terrain, afin de remettre aux résidents ce qu’ils m’ont offert – et m’offrent encore – si généreusement chaque fois que je les vois : du temps de qualité. Et cela passe nécessairement par les équipes en résidence, qui ont la responsabilité de tout mettre en place pour assurer leur bien-être. Je tiens donc simplement à m’assurer qu’ils ont tout à leur disposition pour le faire, et donc, pour que les résidents soient heureux chez eux.

 

Mais quand même, 80 visites par année, c’est pas rien! Les résidents vous apportent nécessairement quelque chose d’extraordinaire pour que vous en fassiez encore autant?

Absolument. Les résidents ont une clarté incroyable sur la vie, sur ce qui compte vraiment. Leurs paroles, leurs regards, leurs sourires… ce sont des perles dans ma vie. J’ai plusieurs anecdotes qui me viennent en tête pour illustrer à quel point ils enrichissent mon quotidien, à quel point ils restent gravés en moi longtemps. Je pense, entre autres, à cette dame à qui je disais l’autre jour qu’elle était rayonnante. Je lui ai alors demandé comment elle faisait pour sourire tout le temps comme elle le faisait. Elle m’a simplement répondu : « Je laisse mon sourire être la fenêtre sur mon âme ». Que voulez-vous répondre à ça ? Ça dit tout.

 

Pourquoi est-ce si important que ce soit VOUS qui alliez sur le terrain, plutôt que d’envoyer un représentant de votre équipe?

Parce que deux personnes peuvent observer la même situation et en faire une interprétation complètement différente. J’ai besoin de me faire ma propre idée des choses… ça m’aide à prendre de meilleures décisions. Cette façon de faire s’inscrit dans une approche de gestion, le « servant leadership », une philosophie où les dirigeants se placent au service de leurs équipes.

Il faut comprendre que sans les employés sur le terrain, il n’y aurait pas de Groupe Maurice. Ce sont eux qui assurent que les « bottines suivent les babines ». Mes visites me permettent donc de mieux comprendre leur charge de travail et leurs priorités organisationnelles afin que nos décisions correspondent à leur réalité par la suite.

Parce qu’ultimement, ce qu’on souhaite, c’est encourager les contacts humains en résidence. Pour y arriver, il faut que les employés passent le plus de temps possible avec les résidents, et le moins possible dans la lourdeur des tâches administratives.

 

Comment décririez-vous votre style de gestion?

Je me vois comme un portier : je tente d’ouvrir des portes pour faciliter les échanges afin que tout soit fluide entre les différents départements. Une image forte, qui résume bien cette posture : je suis la personne qui a la main sur le gradateur pour que tout le monde rayonne à son plein potentiel.

D’ailleurs, je dis toujours que je suis rarement la personne la plus brillante dans la salle : je m’assure plutôt que la salle, elle, soit la plus brillante possible. Mais je me réserve le droit d’ajuster la luminosité et de changer les ampoules, au besoin ! À bien y penser, je suis probablement davantage un éclairagiste qu’un portier, finalement ! (rires)

 

On dit souvent que Le Groupe Maurice place l’humain au centre de ses décisions. Ce n’est pas devenu un peu «facile» en 2026 de dire qu’on est «humain»? Est-ce qu’il existe une entreprise qui peut prétendre le contraire?

C’est vrai que plusieurs, voire la majorité, des entreprises prétendent considérer l’humain avant tout, mais dans les faits, ce n’est pas toujours ce qui se passe. Dans certaines organisations, les décisions sont dictées uniquement par les résultats trimestriels, sans tenir compte des besoins réels de leurs employés ou de la clientèle. Je trouve ça extrêmement préoccupant car cela a tendance à favoriser les décisions à court terme au détriment, parfois, d’une vue à plus long terme.

Au Groupe Maurice, notre philosophie de gestion tranche avec ce modèle. Nos valeurs ne sont pas juste des mots qu’on écrit sur des affiches : on prend réellement nos décisions en fonction des employés comme des résidents. Et puis, si on fait les bons choix pour eux, les résultats financiers vont nécessairement suivre.

 

Mais comment concilier ambition et bienveillance? Car il faut bien une certaine rentabilité pour assurer la pérennité d’une entreprise, non?

Bien sûr ! Il s’agit d’une dualité essentielle. Il faut être ambitieux, pousser l’organisation, mais toujours en gardant l’humain en tête d’abord. Les deux ne sont pas incompatibles, au contraire.

Nous avons présentement des projets de transformation organisationnelle d’envergure qui démontrent bien cet équilibre. Ces gros chantiers demandent beaucoup d’agilité et d’efforts aux équipes, qui démontrent énormément de solidité, d’engagement et de professionnalisme dans cette période charnière pour l’entreprise, et je les en remercie infiniment.

En retour, on ne prend rien pour acquis. On prend le temps de réévaluer les priorités régulièrement selon la charge de travail et la capacité des équipes. Même si on a des périodes plus intenses, on garde toujours en tête l’équilibre de vie de nos gens, et ça, c’est directement lié à la culture corporative qu’on prône : on ne fait pas que dire qu’on est une entreprise humaine, on vise à le prouver tant à travers nos gestes que nos actions.

C’est d’ailleurs pour évaluer la « santé humaine » de l’entreprise, pour prendre adéquatement le « pouls » des équipes et en assurer l’équilibre, que je me rends en résidence aussi fréquemment.

 

En une phrase, Alain, quelle est votre mission en tant que président du Groupe Maurice?

Bâtir des liens de confiance entre toutes les parties prenantes – résidents, employés, gestionnaires, actionnaires – et m’assurer que nos décisions sont cohérentes avec ce qu’on véhicule comme valeurs.

 

Et vous y parvenez, c’est limpide : il est facile de comprendre que l’entreprise est bel et bien ce qu’elle prétend être avec une personne aussi «brillante» à sa tête! Car oui, vous brillez vous aussi! Merci pour cet échange «éclairant», et surtout, sincèrement humain!