Robert Beaudry à la direction de la Fondation Luc Maurice !
Après plus de 15 ans d’engagement dans le milieu communautaire, le développement social et 8 ans en politique municipale, Robert Beaudry a choisi de poursuivre sa carrière à la direction de la Fondation Luc Maurice. Toujours portée par une volonté constante de créer des ponts entre les différents milieux et de générer un impact concret, sa vision est claire : amplifier le rôle de la Fondation comme levier de transformation sociale au service de l’humain… plus âgé !
Robert, pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours et de ce qui vous a mené à devenir le nouveau directeur général de la Fondation Luc Maurice ?
Mon parcours professionnel n’a pas été linéaire. J’ai d’abord commencé dans un univers créatif en étudiant en graphisme, puis en histoire de l’art, avant de ressentir le besoin d’aller vers quelque chose de plus concret et de plus humain.
C’est ce qui m’a mené vers le milieu communautaire, où j’ai acquis des compétences en gestion tout en développant une compréhension des réalités du terrain, plus particulièrement dans le domaine de l’itinérance et la prévention des ITSS. Puis, avec le temps, j’ai voulu élargir mes connaissances et mon impact. Je me suis donc tourné vers la Société de développement social de Ville‑Marie, où j’ai travaillé à créer des liens entre le milieu communautaire du centre-ville de Montréal et le secteur privé. C’est à ce moment-là que j’ai découvert la réelle force des partenariats et à quel point on peut accomplir davantage quand on travaille ensemble.
Par la suite, j’ai eu l’occasion de devenir directeur général de PAS de la rue, un organisme qui accompagne des personnes aînées en situation de vulnérabilité. Ce fut une expérience déterminante : j’ai compris à quel point les besoins étaient grands, urgents et réels, et à quel point les OBNL étaient essentiels pour maintenir le filet social de cette tranche de la population.
Pendant les 2 ans et demi où j’y ai travaillé, on a vécu une phase de développement intense : expansion des services, création de projets de logement de transition, initiatives intergénérationnelles… J’ai vraiment eu l’impression de contribuer à bâtir quelque chose de réel, de tangible grâce à une équipe impliquée et à la clarté de la mission.
C’est principalement cette expérience qui a renforcé ma compréhension et mon engagement envers les personnes âgées.
Votre passage en politique municipale a aussi marqué votre parcours professionnel. Qu’en retenez-vous ?
Ça a été une expérience extrêmement riche. J’ai été élu conseiller municipal dans Ville‑Marie dans l’équipe de Valérie Plante, qui m’a nommé au comité exécutif.
J’y ai occupé plusieurs responsabilités, dont le développement économique, l’habitation, l’urbanisme et l’itinérance. J’ai notamment contribué à des dossiers structurants, comme la mise en œuvre de politiques pour soutenir les locataires ou le développement du plan d’urbanisme et de mobilité 2050.
Ce que j’en retiens surtout, c’est la complexité des enjeux, mais aussi l’importance de la collaboration. En politique municipale, on est très près des citoyens : on voit directement les impacts des décisions sur leur quotidien.
On apprend aussi rapidement qu’on ne peut pas tout faire seul. Il faut travailler avec des partenaires, créer des leviers, faire avancer les choses de manière concertée. Cette logique-là me suit encore aujourd’hui.
Le poste de directeur général de la Fondation Luc Maurice est donc une suite logique pour votre carrière, selon vous ?
Tout à fait. Après mon passage en politique, je ne pouvais plus reculer : je voulais continuer à m’impliquer dans un rôle qui me permettrait d’avoir un impact réel sur les gens.
Quand l’occasion s’est présentée pour le poste de directeur de la Fondation, ça m’a paru tout naturel ; on retrouve ici ce croisement entre le social, le public et le privé, trois entités que je connais très bien et qui ont toujours façonné mon parcours.
Mais outre cela, ce qui m’a attiré davantage, c’est cette vision que j’ai… cette possibilité d’aller encore plus loin en mobilisant des ressources et en créant des partenariats pour faire avancer les choses.
Comment définiriez-vous le rôle de la Fondation aujourd’hui ?
Je la vois comme un catalyseur. La Fondation ne peut pas, à elle seule, répondre à tous les défis liés au vieillissement de la population, mais elle peut assurément jouer un rôle déterminant et stratégique pour accélérer les solutions.
Je reviens à l’importance de la collaboration. Le rôle du communautaire, c’est de répondre à des besoins par une offre de service adaptée ; le secteur public met en place des conditions favorables pour que ces initiatives émergent ; le secteur privé, quant à lui, possède les moyens de soutenir et amplifier ces idées.
Je vois donc ici une occasion extraordinaire de positionner la Fondation comme un levier qui rallie ces trois entités : les possibilités sont alors infinies. C’est l’avenir, selon moi, et Luc Maurice l’a bien compris avec Mission Unitaînés !
Quels seront donc les chantiers prioritaires de la Fondation à court terme ?
Dans les prochains mois, il y a un important travail de réflexion stratégique à faire. La Fondation existe depuis plusieurs années déjà, c’est donc le bon moment de prendre un pas de recul et de se poser les bonnes questions : où en sommes-nous, où voulons-nous aller, comment maximiser notre impact sociétal ?
L’objectif est une planification stratégique agile, ancrée dans la réalité et dans la recherche de solutions rapides et efficaces, car on ne le dira jamais assez : il est urgent d’agir. La démographie des personnes âgées est en croissance exponentielle et les enjeux liés au vieillissement le sont également.
On va bien évidemment vouloir continuer à soutenir nos partenaires, mais aussi développer des projets à plus grande échelle, qui permettront de faire évoluer les pratiques. Car une fondation, c’est aussi un espace d’innovation. On peut y tester des idées, accompagner des projets émergents et accélérer leur déploiement.
Enfin, il y a un aspect très important pour moi : être sur le terrain. Aller à la rencontre des organismes, des personnes qui reçoivent leurs services, comprendre leurs réalités, créer des liens… c’est essentiel pour que la Fondation reste pertinente à mon avis.
Comment entrevoyez-vous votre rôle de directeur de la Fondation ?
Je crois profondément au sens. C’est ce qui permet de mobiliser les équipes autour d’une vision claire, mais aussi, de faire preuve de créativité.
La créativité, ce n’est pas seulement artistique ; c’est la capacité d’adapter son approche et d’innover dans des contextes parfois complexes afin de trouver des solutions.
Je crois aussi beaucoup à l’intelligence collective. Les meilleures idées émergent souvent de la rencontre entre différentes cultures, réalités et perspectives.
Et bien sûr, l’humain, qui doit demeurer au cœur de tout. J’ai passé ma carrière à travailler avec et pour des gens, dans des contextes parfois difficiles, et ça m’a appris l’importance de l’écoute, de l’empathie et surtout de la collaboration.
Quelles sont vos premières impressions du Groupe Maurice depuis votre arrivée il y a quelques semaines ?
J’ai ressenti une forte cohésion et une culture d’entreprise basée sur la bienveillance. Je trouve ça extrêmement positif, rassurant et prometteur ! Je sens ici qu’il y a une volonté sincère de faire les choses différemment, que les valeurs ne sont pas qu’écrites : elles sont réellement incarnées et véhiculées. C’est important pour moi d’évoluer dans un environnement où il y a une cohérence entre les intentions et les actions. C’est en adéquation avec ce que je suis.
J’ai aussi été impressionné par l’engagement des équipes et la vision portée par Luc Maurice. C’est inspirant de se joindre à une organisation qui a cette capacité de penser à long terme et d’être ambitieuse, tout en restant profondément humaine.
Passons maintenant au plan un peu plus personnel afin de mieux vous connaître. Pouvez-vous nous dire ce qui vous motive profondément, au quotidien ?
Le sens, avant tout. J’ai toujours eu besoin de sentir que mon travail contribuait à quelque chose de plus grand que moi. Que ce soit dans le communautaire, en politique ou aujourd’hui à la Fondation, cette motivation est restée la même. C’est un fil conducteur dans tout mon parcours.
Et puis, je suis profondément attaché à l’humain, dans toute sa complexité. C’est ce qui me nourrit le plus, et rend mon travail aussi exigeant que motivant.
Et en dehors du travail ?
Je suis un grand fan de jeux de société ! C’est un peu la soupape qui me permet de libérer mon stress tout en passant du temps avec ma famille ou mes amis. Je lis beaucoup aussi : des essais, de la philosophie, de la littérature… et j’aime découvrir de nouveaux univers. Ces temps-ci, c’est la science-fiction !
Je fais également de la course à pied : je participe au demi-marathon de Montréal chaque année. J’aime aussi le vélo, passer du temps en nature, et surtout, avec ma femme et mes deux filles.
Et puis, j’adore voyager, notamment en France, un pays que j’affectionne énormément, et dont ma femme est originaire. Comme on est ensemble depuis près de 20 ans, chaque fois qu’on y retourne, c’est pour retrouver et passer de magnifiques moments avec la famille et les amis. J’aime aussi cuisiner, recevoir des amis… bref, créer des moments simples, mais riches et nourrissants. C’est essentiel à mon équilibre.
Avez-vous une phrase ou une philosophie de vie à nous partager, qui vous guide
Il y en a deux qui me suivent souvent. La première : « Choisir, c’est renoncer ». Ça me rappelle que chaque décision implique des compromis, et qu’il faut les assumer.
La deuxième : « Le problème dans ce monde, c’est que les imbéciles sont sûrs d’eux et les gens intelligents sont pleins de doutes ». Je trouve qu’elle illustre bien l’importance de rester humble, de se questionner et de ne jamais cesser d’apprendre. C’est la seule façon de devenir une meilleure personne et de contribuer à faire évoluer la société, à notre façon !
Robert Beaudry, la Fondation est clairement entre bonnes mains avec vous ! Vous saurez certainement faire profiter de toutes vos connaissances afin de créer des projets porteurs de ce sens, si cher à vos yeux, dont nous serons tous très fiers. Merci pour cette généreuse entrevue, et nous vous souhaitons la plus belle créativité du monde au sein de la Fondation !