Cœurs douceurs : une démarche tissée par la générosité

Partager son temps, transmettre son savoir-faire, contribuer à quelque chose de plus grand que soi. Voilà ce qui a animé plusieurs résidents de la RPA Les Promenades du Parc cette année. Réunis autour du projet Cœurs douceurs, imaginé par la résidente Michèle Gignac-Forgues, ces derniers ont choisi de se mobiliser pour apporter du réconfort aux femmes atteintes du cancer du sein… un fil à la fois.

Qu’est-ce que l’initiative Cœurs douceurs ?

C’est au cours d’une discussion simple, mais porteuse de sens, qu’est née l’idée de Cœurs douceurs. Une réflexion partagée entre deux survivantes du cancer du sein : Michèle Gignac-Forgues et son amie Diane Daniel, du Québec.

« Diane et moi savions que des coussins post-chirurgie existaient déjà. Placés sous les aisselles ou contre la poitrine, ils apportent un réel soulagement, mais sont finalement assez peu répandus et difficiles à obtenir. Je trouvais ça tellement dommage que j’ai eu envie d’agir », raconte Madame Gignac-Forgues.

Afin que davantage de femmes puissent bénéficier de ce précieux soutien, cette dernière a donc mis sur pied Cœurs douceurs. Pour elle, ces coussins représentent toutefois bien plus qu’un simple accessoire de confort. Chaque création rappelle à la personne qui la reçoit qu’elle n’est pas seule et qu’une communauté entière a pris le temps de penser à elle.

Une mobilisation où chacun a trouvé sa place

C’est la dimension humaine de cette formidable cause qui a suscité l’intérêt des résidents des Promenades du Parc. Une soixantaine d’entre eux se sont en effet ralliés au projet. Sur le terrain, Michel Leclerc, chef de service Milieu de vie, a joué un rôle clé dans l’organisation des ateliers et l’accompagnement des bénévoles, épaulé par plusieurs membres du personnel, dont Michel Bilodeau et Valérie Blain, qui œuvrent tous deux en ailes de soins.

« Certains résidents ont mis à profit leur expérience en couture. D’autres ont préféré contribuer autrement, en coupant les tissus, en faisant des emplettes de matériel ou encore en coordonnant les différentes étapes de production. Chacun y a trouvé une façon de participer selon ses intérêts, ses aptitudes et son énergie. », explique-t-il.

Cette approche inclusive a également permis à des résidents vivant avec des troubles cognitifs de s’impliquer activement dans le projet. Les tâches de rembourrage leur ont notamment offert la possibilité de travailler leur dextérité tout en prenant part à une réalisation concrète.

Quand les cœurs se mettent à l’ouvrage

Au-delà de son intention de départ, cette démarche rassembleuse a permis à des résidents qui se connaissaient moins de collaborer côte à côte. Au fil des rencontres, les conversations et les rires se sont multipliés, les liens se sont tissés et de nouvelles amitiés ont vu le jour.

« Ce qui m’a particulièrement touchée, . On associe souvent ce genre d’initiative aux femmes, mais ils ont embarqué avec le même enthousiasme. L’ambiance des ateliers était formidable ! Des personnes qui se croisaient depuis des années sans vraiment se connaître ont même eu l’occasion de se découvrir », souligne Mme Gignac-Forgues.

Cœurs douceurs a également amené plusieurs participants à renouer avec des habiletés qu’ils n’avaient pas exercées depuis longtemps ou à mettre leur expertise au service d’une cause si précieuse. Pour beaucoup, cette expérience leur a permis de se sentir engagés et pleinement impliqués dans la vie de leur communauté.

Le fruit d’un travail collectif

Les efforts déployés durant cette initiative ont d’ailleurs donné des résultats remarquables : 280 coussins ont été confectionnés puis remis au CHUM, à la Fondation Se Reconstruire, centre de santé du sein et lors du forum international Santé des seins à Montréal !

Et si chacun de ces coussins symbolise l’altruisme de toute une communauté de résidents, l’expérience en elle-même a laissé une empreinte durable aux Promenades du Parc.

« Grâce à l’engagement des bénévoles, leurs talents et leur solidarité, nous avons largement dépassé l’objectif initial. Au fil des ateliers, nous avons aussi semé de la fierté, de la joie et un profond sentiment d’utilité. », confie Raphaël Bonneau, directeur général des Promenades du Parc.

Les retombées de l’initiative sont donc tangibles pour les bénéficiaires, mais elles le sont tout autant pour les résidents qui y ont participé. Pour les personnes qui les reçoivent, ces coussins apportent un confort appréciable au quotidien. Pour celles et ceux qui les ont assemblés, ils incarnent la preuve qu’une réalisation collective peut avoir un impact bien réel dans la vie d’autrui.

L’expérience a d’ailleurs été si positive que plusieurs résidents bénévoles ont demandé à poursuivre l’aventure. D’abord pensé comme une activité ponctuelle, Cœurs douceurs reprendra dès janvier 2027, toujours sous la supervision de Michèle Gignac-Forgues

En ce Mois de la sensibilisation au cancer du sein, Cœurs douceurs met en lumière le pouvoir de l’entraide et de la bienveillance. Finaliste aux Prix d’excellence du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) pour sa remarquable implication sociale, le projet témoigne de l’engagement exceptionnel et sincère des résidents des Promenades du Parc.

Et si l’histoire de ces 280 coussins est déjà inspirante, elle est loin d’être terminée. À voir l’enthousiasme qu’a suscité l’initiative, tout porte à croire que de nouvelles actions porteuses de sens émergeront à la résidence !