Continuer à apprendre… peu importe notre âge !

Qui a dit qu’en vieillissant, nous devions forcément renoncer à l’envie d’apprendre une nouvelle langue, de jouer d’un instrument de musique ou de percer les mystères de la comptabilité ? Au Groupe Maurice, nous croyons qu’il n’est jamais trop tard pour se former ou remettre le pied à l’étrier. C’est pourquoi, pour la Journée internationale de l’éducation, nous souhaitons rappeler que continuer à apprendre est une force à cultiver, tout au long de sa vie !

 

Pourquoi continuer à apprendre fait du bien ?

Nous vivons dans un monde en constante évolution, où les technologies, la mondialisation et les nouvelles dynamiques sociales nous affectent bien malgré nous. Face à cela, l’UNESCO souligne à juste titre que l’apprentissage est l’une des capacités les plus précieuses de l’être humain et donc notre meilleur atout pour nous adapter.

Maintenir le cerveau actif

À l’échelle individuelle, continuer à apprendre s’avère un moyen efficace pour faire face aux défis de l’existence, à commencer par la santé cognitive.

Nous le savons, l’espérance de vie mondiale tend à progresser. Au Québec, en 2024, elle était d’ailleurs estimée à 82,7 ans (homme et femme confondus). Et si certains considèrent aujourd’hui que les fonctions cognitives s’affaiblissent rapidement avec l’âge, la réalité mérite d’être nuancée.

D’après la Fondation pour la Recherche sur le Cerveau, « un cerveau sain est comme un muscle qui se nourrit du changement, mais qui s’atrophie si l’on ne s’en sert pas. ». À cet égard, un rapport de la Faculté de médecine de Harvard souligne qu’assimiler de nouvelles compétences ralentirait le déclin cognitif, un cerveau en bonne santé étant capable de croissance et de régénération des cellules tout au long de sa vie.

Le rapport ajoute que, même si les informations se retiennent peut-être un peu moins vite en vieillissant, l’apprentissage – physique ou intellectuel – permettrait de stimuler le réseau neuronal, sollicitant notamment les capacités d’attention, le langage, et le raisonnement.

Nourrir l’estime de soi

Notons que les bienfaits de l’apprentissage ne se résument pas qu’à l’entretien de nos fonctions cognitives. Par extension, celui-ci jouerait en effet un rôle essentiel dans l’épanouissement personnel, l’estime de soi et le bien-être général.

Des recherches confirment d’ailleurs ce raisonnement. Au cours d’une étude publiée par Psychological Science, des adultes de 60 à 90 ans ont été invités à apprendre un nouveau savoir-faire considéré « complexe » – comme la photographie numérique et le tricot – ou à réaliser des activités mentales plus génériques, telles que les mots croisés. Une fois les choix effectués, les participants ont été répartis dans deux groupes distincts.

Après trois mois, l’expérience a révélé des résultats éloquents : ceux ayant exploré les aptitudes « complexes » montraient une amélioration notable de leur mémoire, mais surtout une fierté et un regain de confiance lié à leur progression.

Il convient de préciser que les activités dites génériques ne sont évidemment pas néfastes : elles stimulent l’esprit et ont toujours des effets positifs. Cette étude montre simplement que se former s’avère très bénéfique pour l’affirmation de soi.

Favoriser les interactions sociales

Continuer à apprendre peut également avoir un impact social important. Suivre un cours ou découvrir une nouvelle activité crée des occasions d’interagir avec autrui. Comme le rappelle le Docteur Ipsit Vahia, spécialiste en gériatrie affilié à Harvard, « Il est facile de s’isoler en avançant en âge, et assister à une classe ou à un atelier favorise naturellement les conversations, les échanges et la participation active. »

Apprendre devient alors une porte ouverte vers les autres. Qu’il s’agisse d’un groupe d’étude virtuel, d’un atelier en résidence ou d’un club thématique, ces espaces permettent de créer des liens, d’élargir son réseau social et de nourrir un réel sentiment d’appartenance. Ces rencontres contribuent à une retraite vivante, riche et pleinement stimulante.

S’adapter et contribuer au monde qui évolue

Comme le disait Nelson Mandela, « L’éducation est l’arme la plus puissante que vous puissiez utiliser pour changer le monde. » À mesure que nous évoluons et prenons de l’âge, apprendre peut être un plaisir, un moyen de nourrir sa curiosité, mais également une façon de rester connecté à une société qui évolue à toute vitesse.

L’Université de Sherbrooke l’a bien compris et a d’ailleurs choisi de faire des aînés des chercheurs à part entière. Menée en 2017 sur le thème de « Valoriser et démystifier le vieillissement afin de garder la place des aînés dans la société », cette étude a fait participer des experts, mais aussi des personnes plus âgées, non affiliées à l’université, à chaque étape du processus, dans le but d’obtenir des résultats fidèles à la réalité, tout en valorisant leur participation et leur reconnaissance sociale.

«La plupart des aînés souhaitent continuer à apporter une contribution à la société. Nous pensons que ce n’est pas parce que nous avons les cheveux blancs, que nous sommes devenus inutiles. Personnellement, je souhaite que mes interventions aident à améliorer la qualité de vie des aînés.» – Ginette King – co-chercheuse aînée au Groupe de Recherche Intergénérationnelle sur le Vieillissement de l’Estrie (GRIVE)

Cette démarche illustre parfaitement la volonté des aînés à s’impliquer dans le mieux‑être collectif et rappelle combien il est essentiel de les écouter, surtout sur des sujets qui les concernent directement. Ces derniers peuvent non seulement continuer à se former, mais aussi apporter un point de vue pertinent aux débats, influencer et laisser leur empreinte dans un monde en perpétuel mouvement.

 

Explorer de nouvelles pistes d’apprentissage

Si vous souhaitez reprendre un cursus ou découvrir un nouveau domaine de compétences, sachez qu’il existe plusieurs façons d’y parvenir, adaptées à différents rythmes et objectifs. En voici quelques-unes :

  • S’inscrire à l’université, en formation continue ou en auditeur libre. Si vous êtes un aîné, sachez qu’il existe également des UTA (Universités du 3e âge) à Laval ou à Sherbrooke. Celles-ci permettent de suivre des cours sur des sujets d’intérêt et de se cultiver sans l’engagement des cursus diplômants traditionnels.
  • Suivre des formations en ligne sur des plateformes éducatives numériques ou des applications mobiles : Coursera, Grenier Formations, LinkedIn Learning, ou Duolingo.
  • Participer à des ateliers pratiques dans les bibliothèques de votre quartier, les centres communautaires, et autres organismes culturels : Les Affutés dans la région de Montréal ; Le Réseau Ruche d’Art au Canada et certaines autres parties du monde.
  • Tirer avantage de la vaste gamme d’activités variées et majoritairement gratuites de votre résidence, si vous habitez dans un complexe résidentiel pour aînés !

 

En y réfléchissant bien, continuer à apprendre, peu importe notre âge, est l’un des plus beaux cadeaux que nous puissions nous offrir. Bien sûr, il n’est pas nécessaire de passer un doctorat en ingénierie spatiale pour profiter des bienfaits de l’apprentissage. Chaque nouvelle compétence ou activité – quelle qu’elle soit – est une occasion de plus de se surprendre, de créer des liens et de s’épanouir pleinement. À présent, demandez-vous : qu’aimeriez-vous découvrir ou expérimenter cette année ?