Paroles à nos résidents

Madeleine et Claude Thibault, des retraités altruistes dans l’âme.

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Si le bonheur de Madeleine et Claude Thibault, résidents à l’Avantage, dure maintenant depuis 56 ans, c’est aussi parce qu’ils partagent une même fibre altruiste et humanitaire. Découvrez ce couple hors du commun.

Pourquoi l’année 79 a-t-elle été déterminante pour vous deux ?

En 1979, peu après la fin de la guerre du Vietnam, nous avons accueilli une famille de réfugiés du Cambodge : un père, une mère, leur petit garçon de quatre ans et son cousin.
À leur arrivée, ils ne parlaient pas un mot de français ou d’anglais. Nous les avons aidés à trouver un logement et à effectuer les démarches en vue de leurs intégrations. C’était une belle expérience. Aujourd’hui encore, ils appellent Madeleine « Maman ». Nous les avons revus régulièrement depuis. Ils sont bien installés. Ils ont une petite fille qu’ils ont présentée à Madeleine comme étant son arrière-petite fille !
L’accueil est une qualité qui devrait faire partie de toute personne humaine. En accueillant les autres, nous nous redécouvrons nous-mêmes et sommes en mesure d’agir pour faire une différence.

Comment vous est venue cette passion pour les autres ?

Claude a le bénévolat dans le sang. Ses parents étaient des personnes très affectueuses et plusieurs de ses frères et sœurs ont travaillé dans le milieu social. Quelques-unes de ses sœurs étaient missionnaires chez les Esquimaux et l’un de ses frères a longtemps agi comme éducateur auprès des jeunes rencontrant des problèmes sociaux.
Madeleine, quant à elle, a travaillé un certain temps au sein d’une maison d’accueil pour des jeunes filles en difficulté. Quand on travaille auprès de jeunes en difficulté, on est nécessairement amené à se questionner et à chercher à les aider.

Quelles autres actions humanitaires avez-vous mené dans vos vies ?

La grande passion de Claude, c’est la vie et la vie en qualité. Enseignant de profession, il s’est beaucoup investi dans la cause des jeunes. Dans les années 1980, le taux de suicide chez les jeunes au Québec était un des plus élevés au monde. Il a alors crée l’organisme JEVI. Le nom, composé des initiales de jeunes qu’il a rencontré, est aussi le symbole de leur appel à l’aide : « Je vis! ». Aujourd’hui, grâce à toutes les initiatives qui ont été menées par des organismes comme JEVI, on constate une diminution du taux de suicide de 33% par rapport aux années 2000. Le siège social de l’organisme, basé à Sherbrooke, emploie maintenant une dizaine de personnes à temps plein.

Quel rôle a joué votre relation dans ces actions ?

Madeleine participait souvent aux réunions de JE VI avec les jeunes. Ils l’appréciaient beaucoup car elle a cette capacité d’accueil très particulière à laquelle sont sensibles ces jeunes.
Elle a été d’un indispensable et précieux soutien pour mener à bien cette mission. Plus qu’une compagne, c’est une complice de vie.
Pour pouvoir y arriver, il faut être soudé, être fort ensemble et surtout croire aux forces de vie qui habitent en chaque être humain.

Si vous pouviez laisser trois choses immatérielles à votre descendance, quels seraient-ils ?

Tout d’abord, la détermination. On a du pouvoir sur tout ce qui se passe. Alors, il faut savoir prendre les tournants et avoir la détermination… d’aller au bout de ce qu’on veut faire.
Ensuite, la générosité car c’est une qualité plutôt exceptionnelle à posséder. Celui qui reçoit est gagnant et celui qui donne est aussi un gagnant.
Enfin, il y a l’espoir. L’espoir, c’est l’oxygène de la vie et quand on n’a pas d’oxygène, on meurt à petit feu. J’ai vu tellement de jeunes et d’adultes se cacher derrière le mur du désespoir que je pense qu’on a tous cette responsabilité : être des personnes d’espoir pour avoir la force de chasser les nuages et laisser apparaître le soleil…Parce que la vie, c’est pour la vie!

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