Luc Maurice

LE MENTORAT : UNE EXPÉRIENCE QUI COMPTE !

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Mes chers résidentes et résidents, le Forum économique de Verdun m’a récemment demandé d’être président d’honneur d’une soirée organisée par le Regroupement des amis mentors et de l’entrepreneurship. J’ai donc accepté cette invitation et prononcé une allocution concernant deux thèmes qui me tiennent particulièrement à cœur : l’entreprise et le mentorat. La voici retranscrite pour vous. En vous souhaitant bonne lecture !

« Très chers mentors et mentorés,
Mesdames, Messieurs,
Bonsoir,

Je suis très heureux de vous accueillir ce soir à Ambiance, l’une des 22 résidences du Groupe Maurice dont j’ai le plaisir d’être le fondateur et président. Incidemment, Ambiance est notre 5e réalisation et nous bâtissons actuellement nos 20e, 21e et 22e projets… beaucoup de chemin parcouru depuis Ambiance !

Or, ce cheminement n’aurait pas pu devenir réalité sans la présence de mes deux mentors.

Le premier d’entre eux a été Maurice Sauvé en 1985. Il a été, entre autres, ministre des Pêches et des Forêts, économiste, homme d’affaires, VP chez DOMTAR, chancelier de l'Université d'Ottawa, ainsi qu'époux de Jeanne Sauvé, à une époque, gouverneure générale du Canada et ma patronne lorsque j’étais aide de camp et pilote dans les Forces armées canadiennes.

Monsieur Sauvé m’a montré trois choses essentielles :
• L’importance de la minutie. Tout est dans les détails !
• L’importance de ne jamais se fier aux paroles de quelqu’un et ne jamais assumer de rien !
• Toujours avoir un plan B… au cas où !

Le second a été et demeure Paul Tellier qui a occupé, comme vous le savez, les fonctions de sous-ministre dans quelques ministères au Fédéral, puis greffier du Conseil privé du Canada. Il a également été P.D.G. du Canadien National et de Bombardier.J’ai eu l’immense privilège de travailler pour lui à Ottawa durant mon séjour avec Jeanne Sauvé.
Quelques années plus tard et à sa demande, j’ai accepté de devenir directeur d’une conférence nationale sur le leadership, dont il était le président. Cette conférence réunissait pendant trois semaines 250 leaders canadiens du pays issus de différents milieux.

Au contact de Paul Tellier, j’ai appris deux choses :
• L’importance des valeurs fortes au sein d’une organisation tout autant que les processus et l’organisation du travail.
• L’importance de communiquer des messages simples et cohérents, et ce, de façon répétitive et marquée.

Malheureusement, voulant l’imiter, j’ai aussi appris à travailler tous les dimanches après-midi… Cela peut vous sembler drôle, mais j’ai pu ainsi prendre du recul sur le quotidien et, je pense, devenir un meilleur stratège.

Très franchement, cela a été un grand privilège d’avoir eu ces mentors, alors que je n’étais moi-même que dans la trentaine.

Quand on est bon à l’école, bon dans les sports et doté d’un culot de bœuf, on pense qu’on peut tout faire… Et c’est encore pire si on est déterminé et acharné ! Mais, la réalité nous ramène souvent sur terre et c’est là, incidemment, qu’un mentor peut nous être fort utile. Après s’être « cassé la gueule » comme il faut, croyez-moi qu’on apprend qu’il y a beaucoup plus grand que soi. Par exemple, comprendre à 25 ans que les banques puissent décider de ne pas accorder un prêt important en immobilier à cause du contexte économique, alors qu’on est persuadé que son projet serait un succès tant financier que pour la collectivité.

Le Québec est petit. Lorsque je dis ça, je fais référence à mes débuts à Ottawa où Maurice Sauvé, dont je vous parlais tantôt, m’avait mis en contact avec un certain monsieur Pasquin, vice-président de Montréal Trust. Ce dernier était aux prises avec la faillite d’un complexe pour retraités à Ottawa. Monsieur Sauvé, connaissant mon désir de me lancer dans ce secteur d’activités, m’a invité à présenter un plan d’affaires afin de compléter la construction, puis remplir et stabiliser ce produit inachevé.

Après une rencontre de trois heures, monsieur Pasquin a accepté ma proposition et avec une petite équipe, j’ai réussi à compléter la construction et à remplir ce magnifique complexe de grand luxe, « dans un secteur chic » d’Ottawa. Un édifice doté de 76 appartements avec des services très haut de gamme tels que chauffeurs, limousines, vin inclus aux repas, etc. Ça a été un succès. On m’avait cependant obligé à conserver l’un des investisseurs du premier jour. Ce dernier s’avéra être un véritable escroc et après 20 mois il réussit à m’expulser du partenariat, et ce, malgré le grand succès du projet.

De cette expérience, j’ai retenu trois autres leçons : Lucaout 2014 2
• Il est important de parler à un mentor ou à une personne
de confiance avant de signer ses premières ententes contractuelles.

• Il est prudent de prendre tout le temps nécessaire pour bien choisir ses partenaires et… mentors. 
• On met beaucoup d’efforts à réussir, mais peu d’efforts à bien gérer
ses risques d’affaires.

Incidemment, monsieur Pasquin est la première personne à m’avoir fait confiance dans le secteur des résidences pour personnes âgées. Sachez qu’il est aujourd’hui, à 87 ans, résident chez nous, à l’Image d’Outremont. C’est ce que je disais… le Québec est petit…

Au passage, je vais vous faire une petite confidence… je suis très fier de ce que je fais, mais aussi, très fier d’avoir parmi mes résidents quelques anciens propriétaires de résidences pour retraités. C’est pour moi un grand honneur et un gage très important de confiance et de reconnaissance.

Une autre leçon de vie à partager avec vous : Paul Tellier, en tant que mentor, m’a donné d’excellents conseils. Mais encore, faut-il faire preuve d’une bonne écoute pour profiter pleinement de tels conseils. Chose qui manque à plusieurs d’entre nous lorsqu’on est plus jeunes.

Depuis 3 ans, je donne deux périodes de cours par semestre aux HEC en entreprenariat pour les jeunes finissants du MBA. Dans ce contexte, je tente de convaincre les élèves, des hauts fonctionnaires et des cadres intermédiaires d’entreprises, de créer plus d’impact dans leurs collectivités respectives en choisissant de devenir entrepreneurs plutôt que d’œuvrer à l’intérieur d’une grande organisation...

Sur une note plus légère, on m’a aussi demandé à trois reprises de mentorer des personnes œuvrant directement dans mon secteur d’activités... Vous comprendrez facilement pourquoi j’ai poliment décliné ces invitations.

Je terminerai par un élément plus qu’essentiel à mes yeux, la philanthropie. J’ai rencontré récemment un certain monsieur Rick Renaud. Plusieurs d’entre vous le connaissent. Un grand philanthrope montréalais, propriétaire, entre autres, de deux bâtiments sur la rue Wellington qui ont pour mission de réduire le décrochage scolaire chez des jeunes issus de milieux défavorisés.

Ce qui m’a particulièrement impressionné chez ce monsieur n’est pas uniquement son implication dans ce programme, et dieu sait qu’elle est très grande et quasi quotidienne, mais plutôt, et surtout, le fait qu’il le fasse depuis maintenant 32 ans… Ça, ça me parle !

Pour moi, le mentorat n’est pas une entraide ponctuelle. C’est un partenariat avec quelqu’un dont on pense qu’il ou elle possède les habiletés pour contribuer à la collectivité.

À vous tous, mentors, je salue votre dévouement, et plus encore, celui dont vous faites preuve depuis plusieurs années déjà.

Très bonne soirée à toutes et tous. »

 

Votre dévoué,
Luc Maurice.

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Merci M. Maurice pour tout le beau travail que vous faites pour offrir un qualité de vie exceptionnelle aux retraités ainsi qu'en mentorat avec la jeune relève. Vous êtes un homme généreux et une grande inspiration!

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