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L’impact social du Groupe Maurice : entrevue avec Patrice Bonin

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Le Groupe Maurice est conscient que l’un des enjeux majeurs de la société actuelle est l’état de notre planète. Les mouvements écologistes planétaires d’aujourd’hui s’inscrivent toutefois dans un projet commun encore plus grand : l’impact social. Comment, en tant qu’entreprise, est-il possible de créer un impact social positif sur la collectivité ?

La Fondation Luc Maurice, l’implication de l’entreprise dans les communautés où s’implantent ses résidences, la promotion de l’action bénévole auprès des résidents et l’ouverture aux nouvelles pratiques écologiques démontrent toutes que Le Groupe Maurice est bien conscient de l’importance d’agir pour faire de notre société un monde meilleur. Or, comment intégrer davantage le principe de développement durable dans nos façons de faire lorsque les contraintes et les coûts de construction ne font qu'augmenter ? Comme dirait Patrice Bonin, directeur, gestion des actifs au Groupe Maurice, « ce qui est important, c'est de commencer quelque part ». Puisque nous avons déjà débuté, où nous dirigeons-nous ?

 

Patrice Bonin, tout d’abord, qu’est-ce que le développement durable ?

L’expression est assez récente. Elle est apparue pour la première fois en 1987 dans le rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU. Traduite de l’anglais « sustainable development », elle est définie dans ce rapport comme « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». En d’autres mots, c’est une conception de la croissance économique qui prend en considération les enjeux liés à l’écologie et au fonctionnement de la société.

 

Rien de moins !

Rien de moins, en effet (rires) ! Il faut voir le développement durable comme un processus, un chemin, et non une destination en soi. Il y a vingt ans, personne ne recyclait ; aujourd’hui, ça fait partie de nos habitudes. Or, ce chemin débute par une mission. Cet engagement est, dans le cas qui nous concerne, soutenu par l’équipe de direction. Ce qui est fantastique, c’est que cette vision est tentaculaire. En effet, elle ne se concrétisera pas uniquement au siège social ; elle se manifestera dans plusieurs politiques et façons de faire de l’entreprise.

 

Comment le sujet du développement durable s’est-il présenté au Groupe Maurice ?

Quand je suis arrivé ici, il y a deux ans, ce sujet ne faisait pas partie des priorités. Mais les enjeux environnementaux mondiaux ont accéléré la réflexion. Certaines préoccupations étaient toutefois déjà présentes à l’interne lorsque j’ai débuté au sein de l’entreprise, notamment en ce qui a trait aux dépenses énergétiques (électricité et gaz naturel) pour l’ensemble des bâtiments. Ces dépenses totalisaient plusieurs millions de dollars annuellement. Les membres du comité de direction ont alors décidé qu’il était nécessaire de se doter d’un plan d’action en vue de mieux contrôler cette dépense. Il s’agit d’un bon « timing » puisque notre nouveau partenaire financier nous demande de lui fournir nos données énergétiques pour son propre rapport de responsabilité sociale. De plus, ce partenaire est enclin à nous appuyer dans le déploiement d’initiatives de développement durable dans l’avenir. Les astres sont donc bien alignés et c’est stimulant !

 

Qu’est-ce qui vous a attiré au Groupe Maurice ?

Ce sont les valeurs humaines de l’entreprise qui m’ont séduit. Et puis, je savais que je joignais les rangs d’une entreprise qui non seulement avait de bonnes valeurs, mais était aussi en pleine croissance. En seulement 20 ans, Le Groupe Maurice s’est positionné comme un joueur de classe mondiale – c’est remarquable ! Je voyais donc tout son potentiel et l’impact encore plus important qu’il pourrait avoir dans l’industrie. Je ne me suis pas trompé, car depuis que je suis arrivé ici, il y a deux ans, Le Groupe a grandement évolué. Je sentais que tôt ou tard, j’allais pouvoir mettre mes connaissances en développement durable à contribution.

 

Mais, expliquez-moi… Ce n’est pourtant pas votre rôle premier ici ? Comment se fait-il que vous soyez la personne-ressource de l’entreprise en la matière ?

C’est un bel exemple du vieil adage « La vie fait parfois bien les choses ». Je n’ai effectivement pas été engagé au Groupe Maurice comme spécialiste en développement durable. Je suis responsable de la gestion des actifs, poste que j’ai également occupé dans d’autres entreprises. J’ai toujours travaillé dans le milieu de l’immobilier. Par ailleurs, j’ai toujours eu un intérêt marqué pour le développement durable, domaine dans lequel je me suis toujours investi, bénévolement ou non. J’ai donc eu la chance de marier les deux spécialités tout au long de ma carrière. Considérant le fait que l’environnement fait partie des enjeux sociétaux actuels, c’était inévitable que ce sujet resurgisse un jour au Groupe Maurice.

 

Comment votre passion pour les enjeux environnementaux s’est-elle développée ?

En sortant de Polytechnique Montréal, après des études en génie mécanique, j’ai travaillé pendant dix ans pour un grand équipementier américain. Cela m’a permis de participer activement à des projets visant l’amélioration du design dans le but d’augmenter l’efficacité énergétique des immeubles. C’était il y a 25 ans déjà ; l’environnement commençait à peine à être un enjeu d’actualité à l’époque.

Je suis devenu progressivement un spécialiste en la matière, de par toutes mes expériences professionnelles. Au milieu des années 2000, le mouvement LEED est apparu. Lorsque je suis devenu Professionnel Accrédité LEED en 2007, nous étions seulement une poignée au Québec. C’était un embryon de projet, un peu marginal, mais on y croyait. Aujourd’hui, cette certification, à l’instar d’autres systèmes de caractérisation environnementale, tient lieu de référence dans l’industrie immobilière. Nous pouvons d’ailleurs être fiers d’avoir obtenu la certification LEED pour la résidence Caléo de Boucherville.

En matière de développement durable, les aspects techniques sont nombreux. Par exemple, la gestion de l’eau et des matières résiduelles ainsi que la disponibilité de moyens de transport alternatifs doivent être prises en compte. Quant à l’énergie, elle tient une place prépondérante sur l’échiquier. Lorsqu’on réalise que le secteur immobilier (résidentiel, commercial et institutionnel) est responsable de près de 30 % de la consommation énergétique et de la production des gaz à effet de serre au Canada, il y a de quoi s’y attarder. Au fil de mes expériences, l’économie d’énergie est donc devenue ma passion, et ce, pour deux raisons principales. Il s’agit certes d’une façon d’avoir un impact environnemental positif, mais en plus, c’est rentable ! En effet, il ne faut jamais oublier la rentabilité financière, facteur important du succès des projets. C’est gagnant-gagnant ! Mon cheval de bataille est donc de faire réaliser aux décideurs à quel point l’effort en vaut la peine, tant au point de vue environnemental que financier.

 

Donc, concrètement, comment peut-on réduire la consommation énergétique au Groupe Maurice ?

Notre objectif est évidemment d’obtenir des résultats tangibles. Nous avons ainsi établi un plan comprenant une série d’améliorations écoénergétiques que nous désirons implanter dans les résidences et les projets en développement. Cependant, aucune mesure ne sera prise qui puisse altérer le confort des résidents. C’est la règle numéro un. On devra avancer tranquillement et suivre les étapes préétablies. Ça va demander de la patience et de la confiance… On ne pourra pas révolutionner les immeubles dès aujourd’hui. Il faut donc être réalistes dans nos attentes.

 

Quel est ce plan ?

Une firme a d’abord été mandatée pour évaluer le rendement énergétique de notre parc immobilier et quantifier notre consommation. Au terme de ce processus, nous avons reçu la confirmation que nos immeubles étaient en moyenne 39 % plus efficaces que la médiane canadienne dans notre secteur d’activité, ce qui est une excellente nouvelle ! Pourquoi ? Entre autres, parce que l’enveloppe de nos immeubles (isolation) est bien conçue. Le Groupe Maurice est donc performant énergétiquement, mais il y a toujours place à l’amélioration. C’est là que notre plan entre en jeu : voici donc le plan de gestion de l’énergie du Groupe Maurice.

 

Avant d’agir, il faut savoir d’où on part

Nous avons analysé en profondeur les performances énergétiques de tous les immeubles du Groupe Maurice et les avons classées selon les différents critères d’évaluation : les coûts et les gigajoules* au pied carré, par exemple. Cette étude nous a permis de savoir où se situaient les occasions d’amélioration et ce qu’il était possible de changer, à court terme et sans investissements. C’est ainsi que nous avons produit le Guide des bonnes pratiques énergétiques au Groupe Maurice, qui a été déployé le 13 novembre dernier dans nos résidences. Il contient des recommandations simples, qui ne coûtent rien à réaliser, et qui auront un impact quant à l’économie d’énergie. Un des exemples les plus simples : fermer les lumières dans les espaces non utilisés !

 

Travailler sur les variables contrôlables

Ce qui fait d’abord fluctuer la consommation d’énergie, c’est le climat. Celui-là, on ne le contrôle pas. On doit donc travailler sur les variables contrôlables. Il faudra déterminer un nombre d’initiatives nécessitant un investissement, mais dont les bénéfices en termes de réduction d’énergie seront encore plus importants. Par exemple, contrôler la « pointe électrique », qui consiste à réduire la consommation d’énergie à l’heure de pointe par différentes stratégies. Lorsqu’il fait froid, nous maintenons tous le chauffage de notre logement élevé pour des raisons de confort, et on ne va jamais s’opposer à ça. Je rappelle que nous désirons réduire le gaspillage énergétique, mais jamais au détriment du confort des résidents.

 

Miser sur le long terme

Miser sur la qualité plutôt que sur la quantité rapportera à long terme. À cette étape, ce sera le moment d’investir pour de l’équipement plus efficace énergétiquement lorsqu’il aura atteint la fin de sa vie utile. La bonne nouvelle, c’est qu’on le fait déjà pour certaines choses. C’est donc un réflexe qu’il faut perpétuer.

 

S’entourer d’experts

Il faut s’entourer d’experts en la matière, et surtout, se doter d’outils pour analyser ce qui se passe et réagir en temps réel. Éventuellement, il faudra implanter un système de suivi en continu dont l’objectif sera de nous aider à optimiser notre consommation en temps réel. Il s’agit du but à atteindre pour cette ultime étape. Cependant, avant d’y arriver, nous avons des devoirs à faire !

 

Est-ce qu’il y a de l’espoir pour les générations futures ?

Rappelons-nous, il n’y a pas si longtemps, il ne semblait y avoir aucune solution à l’enjeu écologique de la dégradation de la couche d’ozone. Est-ce qu’on parle encore autant de ce problème aujourd’hui ? Non. Parce qu’il est en partie réglé grâce aux efforts qui ont été faits. Il y a donc de l’espoir, oui, car il existe des solutions aux problèmes environnementaux. Il faut cependant y voir de façon sérieuse, et que tout le monde, à l’échelle planétaire, s’investisse. Il s’agit là du vrai défi. L’action individuelle compte énormément, bien entendu, mais c’est l’action collective qui donnera les plus grands résultats pour contrer les effets négatifs de l’activité humaine sur l’environnement.

Il y a seulement dix ou douze ans, on recyclait, point. Aujourd’hui, on fait bien plus ! Ce qui est encourageant, c’est que le public demande de plus en plus de solutions aux gouvernements en lien avec le développement durable. Les résidents s’attendent eux aussi à ce que nous fassions notre bout de chemin en tant qu’entreprise. Les médias parlent eux aussi abondamment de l’urgence climatique, bref, il y a désormais des exigences collectives pour améliorer le sort de la planète.

Ces préoccupations, autrefois concentrées chez les experts en environnement, se sont étendues à l’ensemble de la population. C’est un signe manifeste que les choses s’améliorent. Au bout du compte, cette démocratisation de la conscience écologique sensibilise les entreprises comme la nôtre au fait qu’il faut agir. Le « timing » est là. C’est ici et maintenant que ça se passe. Étape finale !

 

Merci beaucoup Patrice Bonin !

 

 

*Gigajoule : unité de mesure d’énergie correspondant à une multiplication par 109 d’un joule. Le joule est une unité dérivée du Système international pour quantifier l’énergie, le travail et la quantité de chaleur.

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Que de bonnes idées! Bravo!
Et je crois comprendre que Le Groupe Maurice facilitera les bornes de recharges et prises de courant pour brancher nos véhicules électriques...
Nous venons tout juste d'acheter une Prius 100% électrique...Nous attendons son arrivée chez le concessionnaire Toyota tout près de IVVI...
Nous sommes pour l'instant aux Résidences du Marché où on nous trouvera sûrement une
façon de la brancher en attendant l'ouverture de IVVI.
Bon travail M, Bonin, c'est sûrement emballant de prendre soin de notre environnement.

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    Bonjour Mme Dubreuil,
    Tout à fait ! Vous aurez accès à des bornes de recharge électrique pour votre nouveau véhicule. Très bon choix !

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Les personnes âgées en perte d'autonomie n'ont pas le choix: elles doivent se réunir pour ne pas être seules. Vous devez alors travailler et faire en sorte de conserver le plus possible leur liberté, c'est ce qui est indispensable à leur bonheur!

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