Luc Maurice

Vivre ensemble… longtemps !

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De nos jours, la retraite — ou l’âge d’or comme certains aiment l’appeler — n’est plus simplement une courte période de quelques années à peine, qui marque la fin de notre vie. Avec l’augmentation de la longévité, il s’agit plutôt d’un segment de plus en plus important dans l’existence d’un être humain. Cela m’a à nouveau été confirmé récemment au Gibraltar, lorsque j’ai conversé non pas avec un, ni même deux, mais bien avec quatre centenaires ! Dynamiques, allumés et encore habités de passions, ces derniers ont soulevé en moi quelques interrogations. En tant que collectivité, sommes-nous sur la bonne voie pour accueillir autant d’aînés… aussi longtemps ?

 

Une société surclassée par les aînés

Nous le savons tous, la société nord-américaine est vieillissante. Pour la première fois au Canada, les aînés sont plus nombreux que les jeunes âgés de 14 ans et moins. Les centenaires représentent aujourd’hui le groupe démographique connaissant la plus forte croissance au Canada. On prévoit même qu’ils seront entre 65 000 et 114 000 en 2065. Bien entendu, cela est dû à plusieurs facteurs, dont le développement de la médecine moderne et l’amélioration de l’hygiène ambiante*, bref, au fait que nous sommes de mieux en mieux soutenus — du moins, dans les pays industrialisés —, pour vivre longtemps.

Rappelons que la longévité des générations est bien définie dans le temps : un nouveau-né ne sera un bébé que quelques années ; il en est de même pour l’adolescent. La période attribuée à chaque tranche d’âge est fixe, immuable, à quelques mois près. Or, en ce qui concerne les aînés, elle ne fait qu’augmenter ! L’étape où nous sommes considérés comme un aîné deviendra donc bientôt l’une des plus importante de la vie des individus. Ce qui me réjouit le plus, c’est de constater que malgré leur âge plus que vénérable, la majorité des personnes âgées ont encore l’esprit vif. Ce fut d’ailleurs le cas des quatre centenaires rencontrés au Gibraltar. Lucides, actifs et enthousiastes, ceux-ci inspiraient la jeunesse de cœur ! Sommes-nous suffisamment conscients de ce changement de condition des aînés ?

 

Des résidences évolutives

En ce qui concerne les résidences pour retraités, leur rôle est, à mon avis, d’autant plus pertinent. Auparavant, les gens qui prenaient leur retraite pouvaient s’estimer chanceux s’ils avaient l’occasion de profiter de la vie quelque temps avant de mourir. Ce n’est, de toute évidence, plus le cas aujourd’hui. Ainsi, un aîné qui choisit d’aller vivre en résidence à 75 ans peut envisager d’y habiter plusieurs années. Ce n’était pas chose courante il y a de cela à peine 20 ans ! De ce fait, je m’octroie une bien plus grande imputabilité aujourd’hui : ma mission a toujours été de veiller au bien-vieillir des aînés… maintenant, c’est au bien-vieillir LONGTEMPS.

Conséquemment, les résidences pour aînés ne doivent définitivement plus représenter un lieu où les personnes y sont uniquement hébergées, nourries et soignées. Quel être humain se contenterait de combler uniquement ses besoins de base pendant 20 à 25 ans ? Nous avons tous le désir, peu importe notre âge, de nous sentir utiles, valorisés, d’avoir des projets, des rêves… du plaisir ! Ainsi, les paradigmes des résidences pour retraités changent ; elles se doivent, plus que jamais, d’incarner un style de vie, des valeurs, une réponse aux besoins d’une clientèle qui évolue sur une période de temps de plus en plus longue. Voilà pourquoi, selon moi, le sentiment d’appartenance des aînés envers leur milieu de vie est capital. Et voilà pourquoi nous portons une attention particulière au fait qu’ils demeurent évolutifs.

 

S’adapter pour mieux vivre ensemble

L’augmentation de la longévité, additionnée au fait que les aînés sont de plus en plus nombreux, est une réalité qui doit être prise au sérieux, que l’on soit développeur immobilier de résidences pour retraités, ou non. À la lumière de ces faits, toute organisation qui propose un produit ou service aux aînés devra, plus tôt que tard, se questionner sur ses façons de faire. Puisque nous sommes tous voués à devenir des aînés pour de nombreuses années maintenant, les gouvernements, les villes, les architectes ou entrepreneurs doivent être conscientisés au fait que les choses ne peuvent pas demeurer les mêmes. Nous tous, en tant que société, devons avoir une réflexion sur cette nouvelle réalité car les centenaires se feront de moins en moins rares. Une adaptation est de mise.

 

Ensemble… longtemps

J’ai côtoyé tout au plus une quarantaine de centenaires au cours de ma carrière. Loin de moi, donc, l’intention de me considérer comme spécialiste en vieillissement. Or, si je tente tout de même de trouver des traits communs aux centenaires, je peux dire qu’en plus de leur capacité à se sentir détachés des événements et à se soucier peu des problèmes mineurs, c’est leur grande force de caractère et leur sens de l’humour qui sont remarquables. Nous avons beaucoup à apprendre d’eux.

En terminant, je tiens à souligner l’immense contribution de ces deux mille Québécoises et Québécois de cent ans et plus à notre société. Imaginez tout ce qu’ils ont accompli et accomplissent encore aujourd’hui ! Le nombre de centenaires étant en croissance, je tiens à m’assurer que nous vivrons ensemble longtemps, mais surtout heureux !

 

 

 

 

 

*Sources :

Statistiques Canada :

https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/11-402-x/2011000/chap/seniors-aines/seniors-aines-fra.htm

Radio Canada International :

https://www.rcinet.ca/fr/2019/03/02/le-canada-societe-vieillissante/

Radio Canada information :

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1089320/demographie-esperance-de-vie-situation-mondiale-carte

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Ces commentaires me donne un regaIn de vie car il y des personnes, comme M. Maurice, qui pensent aux bien-être des aînés actifs et qui désirent rester TRÈS ACTIFS encore longtemps.
ACTIVITÉS = SANTÉ.
Merci

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J’ai déjà réservé à Elogia 2.
J’ai bien hâte d’y emménager!

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Monsieur Maurice, vous prenez la peine d'aller voir le monde de par le monde, et vous nous en parlez. On aime ça.
Nous deviendrons donc centenaires à ELOGIA 2. (et profiterons de votre ouverture d'esprit, en humour)

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J’ai lu attentivement votre commentaire, M. Maurice et cela confirme les besoins que vous comblez pour nous les retraités e personnes plus âgées. J’ai bien hâte d’avoir ma place chez vous à Boucherville. Et merçi. G.G.

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    Merci beaucoup M. Giguere ! En souhaitant de vous accueillir très prochainement à Caléo !

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Votre commentaire votre vision est effectivement réel; ma belle-mère aura 100 ans ce mois-ci soit le 23 décembre. Ma mère a eu 100 ans le 8 Octobre dernier.
Présentement mon nom est sur la liste d'une de votre résidence soit La Cité Des Tours à St-Jean-Sur-Richelieu depuis environ 2 ans.
Ce que je trouve le plus difficile est de choisir le moment pour faire le mouvement soit de laisser une résidence que l'on aime pour s'en aller dans une résidence.
Bien sur il y a beaucoup de questions à se poser; il faut aussi considérer notre santé; c'est un pensée y bien; en attendant je vous souhaite a vous et toute votre équipe un Joyeux Noël et une très belle année bissextile 2020
Jules Jacob

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