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Maladie de Parkinson : l’exercice physique aussi essentiel que la médication

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Par Michèle Sirois, collaboratrice au programme AvantÂge de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal

 

Le 12 avril dernier, le médecin neurologue Michel Panisset* et la physiothérapeute Paola Campana** nous informaient sur les avenues qui s’offrent à nous pour prévenir et ralentir la maladie de Parkinson. Cette conférence grand public était présentée gratuitement à l’amphithéâtre Le Groupe Maurice de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

 

Symptômes

Le Dr Panisset nous révélait qu’il est difficile de diagnostiquer cette maladie neurodégénérative, on ignore toujours son origine. Aucune résonance magnétique ou prise de sang ne peuvent révéler sa présence. Ce sont principalement les symptômes qui amènent le médecin à poser son diagnostic.

Lenteur dans les mouvements, rigidité musculaire et tremblements au repos sont les troubles les plus fréquents.

Ces symptômes ont bien sûr de sérieux impacts sur la qualité de vie de celui qui en souffre :

  • Difficulté et lenteur pour manger, écrire, parler, marcher, courir, etc.
  • La personne doit « penser» à chacun de ses gestes, ce qui demande effort et concentration.
  • Il devient ardu de faire deux choses au même temps.

À cela, il peut s’ajouter de l’anxiété, de la dépression et des troubles du sommeil, entre autres. Enfin, la perte de l’odorat peut être un autre indice qui guidera le médecin vers un diagnostic de Parkinson.

 

Médication

La maladie, on peut le deviner, provient du cerveau. Ce sont les cellules responsables de la production de la dopamine qui font défaut. Or, la dopamine est un important messager de l’influx entre les cellules du cerveau impliquées dans les mouvements. Lorsqu’il y a diminution de dopamine, le message circulera de manière plus ralentie entre le cerveau et le reste du corps.

La science cherche activement à comprendre pourquoi certaines cellules manquent à la tâche.

Si on ne peut pas guérir la maladie, on peut la traiter, notamment par une médication qui vient combler le manque de dopamine.

 

Chirurgie

Pour certains patients qui présentent des critères bien précis, une chirurgie s’offre à eux, depuis quelques années : la stimulation cérébrale profonde.

Le neurochirurgien place des électrodes dans les structures profondes du cerveau de son patient. Elles sont branchées à un stimulateur placé sous la peau. Cet appareil produit un courant continu qui module la séquence des signaux émis par le cerveau. Le Dr Panisset compare cette procédure à l’installation « d’un pacemaker du cerveau ».

 

L’exercice, un allié de la dopamine

On le sait, l’exercice physique peut être un grand allié pour nous maintenir en santé. La deuxième conférencière, la physiothérapeute Paola Campana, a ajouté d’autres informations pertinentes.

Des études animales ont mis en évidence ce phénomène : après une période intensive d’exercices, on remarque une augmentation de la synthèse et de la libération de la dopamine, cet élément chimique qui manque cruellement aux parkinsoniens.

La dopamine produite après une période d’exercices intenses se retrouve dans les zones cérébrales touchées par la maladie. Mieux, de nouvelles cellules cérébrales font leur apparition !

Cette découverte a été un point tournant dans les recherches concernant le traitement de la maladie de Parkinson.

Mais quels sont ces exercices salutaires ?

 

Exercices préventifs

La physiothérapeute nous apprenait que de commencer l’exercice le plus tôt possible lorsqu’on souffre de la maladie de Parkinson aidait à retarder la prise de médicaments et permettait de bâtir une réserve d’habiletés pour faire face aux effets de la maladie.

Ces exercices incluent des gestes complexes et sollicitent plusieurs de nos articulations. Le Tai-chi semble être l’exercice par excellence. Mais on peut aussi se tourner vers la danse, la boxe ou l’escrime.

 

Exercices qui ont impact sur la maladie de Parkinson

Lorsque le diagnostic est posé, les exercices prescrits seront, comme dans la prévention de la maladie d’Alzheimer, ceux qui sollicitent notre cœur avec un effort intense. Par exemple : la bicyclette, le tapis roulant, l’entraînement assisté, la course etc.

Madame Campana nous rappelait que l’intensité et la constance dans l’exécution de l’exercice peuvent modifier l’excitabilité corticale des personnes ayant le Parkinson. Les résultats obtenus en recherche sont d’ailleurs presque aussi bons que ceux obtenus avec l’implantation d’électrodes dans le cerveau.

 

Contourner le problème

Il est recommandé de consulter rapidement un physiothérapeute après avoir reçu un diagnostic de la maladie de Parkinson pour avoir un « plan de match » pour faire face à la situation. Plus tard, et selon l’évolution, ce professionnel proposera aussi des activités simples facilitant le mouvement, en faisant appel aux zones du cerveau non touchées par la maladie. Ces exercices remplaceront le mécanisme interne qui s’est perdu (le mouvement automatique) par un mécanisme externe capable d’activer le mouvement voulu.

D’autres techniques peuvent aussi être enseignées.

Tout comme un athlète olympique, la personne atteinte apprendra à :

  • Visualiser son mouvement,
  • Répéter mentalement le mouvement souhaité avant de le faire,
  • Découper son mouvement en sous-tâches,
  • Se concentrer sur une tâche à la fois.

 

Les deux conférenciers concluaient sur une note porteuse d’espoir : en combinant toutes ces approches, plusieurs personnes atteintes de la maladie de Parkinson pouvaient continuer de vivre une vie pratiquement normale, et ce pendant plusieurs années.

 

Pour plus d’information sur la maladie de Parkinson vous pouvez visiter le site www.parkinson.ca/fr/

 

*Michel Panisset est médecin neurologue au Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM)

**Paola Campana est responsable du service de physiothérapie à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) et chargée d'enseignement clinique pour l'École de réadaptation de l'Université de Montréal.

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