Wednesday, 14 January 2026
13:30 - 15:00 Films
1915 · PoÚme symphonique · 53 min
CrĂ©ation : Berlin, 28 octobre 1915, dirigĂ©e par le compositeur lui-mĂȘme.
Orchestration : TrÚs vaste, nécessitant un trÚs grand orchestre, incluant des instruments insolites pour l'époque (machine à vent, éolienne, cloche à vache).
Structure narrative : Dépeint une expédition de 11 heures, divisée en 22 sections (sans pauses).
ThĂšmes : L'adoration de la nature, l'exploration, la confrontation aux Ă©lĂ©ments, et des influences de la philosophie de Nietzsche.Â
L'Orchestre philharmonique de Radio France interprĂšte la Symphonie alpestre op 64 de Richard Strauss sous la direction de Fabien Gabel. Extrait du concert enregistrĂ© le 16 juin Ă l'Auditorium de la Maison de la Radio et de la Musique. Nul mystĂšre pour la Symphonie alpestre, avec une maniĂšre de programme spĂ©cifique que distribuent et illustrent les sous-titres de chacune de ses multiples nombreuses parties. Il sâagit dâune symphonie descriptive, Ă la façon des poĂšmes symphoniques du compositeur, dont elle tient davantage lâinspiration que de la forme de structure spĂ©cifiquement symphonique. En tĂ©moignent ses inhabituelles vingt-deux parties, en un seul mouvement enchaĂźnĂ© en continu, qui voguent de la « Nuit » (Nacht, n° 1), pour y retourner en toute fin (n° 22), en passant par « EntrĂ©e dans la forĂȘt » (Eintritt en den Wald, n° 4), « Errance Ă travers fourrĂ©s et taillis » (Durch Dickicht und GestrĂŒpp auf Irrwegen, n° 10), « Moments dangereux » (Gefahryolle Augenblicke, n° 12) et « Calme avant la tempĂȘte » (Stille vor dem Sturm, n° 18). Ou le dĂ©roulĂ© dâune journĂ©e dâexcursion et dâascension en montagne. Quand on sait que Strauss avait sĂ©journĂ© dans les Alpes bavaroises, dont il Ă©voque ici le souvenir Ă nâen pas douter, de maniĂšre quasi autobiographique. Avec peut-ĂȘtre aussi un dĂ©sir de sâĂ©loigner, par son sujet, des affres de la Grande Guerre, dans ses prĂ©mices puis son dĂ©clenchement. VoilĂ une musique descriptive sâil en est. Strauss nâhĂ©site pas Ă se rĂ©pandre en matiĂšre narrative, mais comme le prĂ©conise Romain Rolland : « Supprimez tout programme et lâĆuvre reste claire et poignante par lâunitĂ© de son Ă©motion intĂ©rieure ». Cette Symphonie alpestre rĂ©unit un effectif orchestral considĂ©rable, avec, de surcroĂźt, des instruments rares, comme lâĂ©olienne et la machine Ă tonnerre. Le dĂ©but se fait serein, lent et doux (Ă©vocation de la « Nuit », Nacht), malgrĂ© ses cuivres, comme un climat dâattente. Puis les cuivres se dĂ©chaĂźnent quelque peu (« Lever du soleil », Sonnenaufgang) et Ă©clate Ă la suite la fureur de tout lâorchestre sur un thĂšme de marche (« Lâascension », Der Anstieg). Ensuite les instruments gambadent, Ă lâimage de la promenade (« LâarrivĂ©e en forĂȘt », Eintritt in den Wald, « Marche prĂšs du ruisseau », Wanderung neben dem Bache), puis lâorchestre se dĂ©ploie avec vigueur (« Ă la cascade », Am Wasserfall, « Apparition », Erscheinung). Lâappel de fanfare mĂšne Ă une thĂ©matique suave (« Sur les prĂ©s fleuris », Auf Blumingen Wiesen). Une pause prĂ©lude Ă un passage plus langoureux (« Sur les pĂąturages », Auf der Alm). La narration reprend, toujours Ă©vocatrice par son orchestre dĂ©multipliĂ© (« Perdu dans les fourrĂ©s », Durch Dickicht und GestrĂŒpp auf Irrwegen, « Sur le glacier », Auf dem Gletscher, « Moments dangereux », Gefahrvolle Augenblicke). Pizzicatos et cordes frottĂ©es annoncent une autre atmosphĂšre, plus dĂ©licate mais toujours Ă©panchĂ©e, repris dans des ponctuations acerbes. Le mouvement se fait alors lyrique, lancĂ© par le pastoral hautbois solo, puis majestueux avec lâappui des cuivres (« Sur le sommet », Auf dem Gipfel, « Vision », Vision). Câest assurĂ©ment le grand moment de lâĆuvre â le sommet â en forme dâapothĂ©ose !